Billy Safu, comédien membre Casting.fr, à l’affiche de la pièce coup de coeur de la rédac' : "Le Bourgeois Gentilhomme" à l’Apollo Théâtre

Billy Safu, comédien membre Casting.fr, à l’affiche de la pièce coup de coeur de la rédac' : "Le Bourgeois Gentilhomme" à l’Apollo Théâtre

Billy Safu, comédien membre Casting.fr, à l’affiche de la pièce coup de coeur de la rédac' : "Le Bourgeois Gentilhomme" à l’Apollo Théâtre

Nous avons récemment découvert  la pièce "Le Bourgeois Gentilhomme" (mise en scène : Anissa Allali et Francis Bolela) à l’Apollo Théâtre et on peut le dire : on a adoré ! Sur scène, Billy Safu nous a clairement marqué. Comédien talentueux et membre de Casting.fr, il revient pour nous sur son parcours singulier : de ses débuts inattendus dans un cirque à sa formation entre Paris et Montréal, en passant par ses expériences de casting et sa façon très instinctive d’aborder les rôles. Une interview inspirante, sincère, et pleine de conseils concrets pour toutes celles et ceux qui rêvent de monter sur scène… ou d’y rester.

Raconte-nous comment tu as commencé dans la comédie. Qu’est-ce qui t’a donné envie de monter sur scène et de devenir artiste ?

B : À mes 11 ans, un cirque, Rech Juniors, est venu dans mon établissement pour une semaine d’initiation. On a d’abord voulu me mettre comme voltigeur, mais quand j’ai vu ce qu’il fallait faire, ça m’a refroidi direct. Comme j’étais assez expressif, mon refus a vite créé un petit lien avec Ricky, comédien et metteur en scène, et finalement, je me suis retrouvé en clown-mime. À la fin de la semaine, j’ai présenté un numéro avec Ricky devant à peu près 750 spectateurs de tout âge. J’ai ressenti quelque chose que je ne connaissais pas encore, l’adrénaline de la scène, ce stress un peu excitant. Et puis il y a eu les applaudissements, les remerciements. Ça a vraiment marqué quelque chose en moi. J’ai continué mon parcours scolaire classique, et petit à petit, cette envie est montée. Vers mes 20 ans, je me suis vraiment lancé. J’ai pris douze heures de car pour aller de Nantes à Bruxelles, en pleine période de restrictions de déplacements, pour passer un stage caméra, quitte à prendre une amende. Cette expérience m’a donné la conviction de pousser plus loin, jusqu’à Montréal, pour me confronter à un véritable environnement international.

Tu t’es formé à la fois à Paris, au PAT Studio, et à Montréal. Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans ces deux expériences, et en quoi elles t’ont fait évoluer différemment ?

B : Montréal, ça a été un vrai choc positif. Le fait de partir là-bas avec l’idée de me confronter à l’international m’a obligé à sortir de ma zone de confort. Travailler en anglais, surtout sur des formats très rythmés comme la sitcom, a complètement changé mon rapport au jeu. Ça m’a appris l’efficacité, l’écoute, le timing, et surtout à faire confiance à mon instinct, même quand la langue n’est pas la mienne. Mentalement, ça m’a rendu beaucoup plus adaptable et plus libre. Le PAT Studio, à Paris, m'a apporté une vraie colonne vertébrale artistique. On y travaille la rigueur, la précision, la construction du personnage, le sens du texte. C’est un cadre exigeant qui m’a permis de consolider tout ce que j’avais acquis à Montréal. En résumé, Montréal m’a poussé à oser et à m’ouvrir, Paris m’a appris à structurer et à affiner. Aujourd’hui, mon évolution vient justement de ce mélange entre instinct et maîtrise.

On t’a vu récemment sur la scène de l’Apollo Théâtre dans le spectacle “Le Bourgeois Gentilhomme” mis en scène par Anissa Allali et Francis Bolela. Bravo, c’était génial ! Comment es-tu arrivé sur cette pièce : par un casting, une rencontre, un coup de chance ?

B : Merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir ! À ce moment-là, j’étais à un tournant de ma vie. J’étais sur le point de devenir steward, j’avais passé et réussi les examens. En parallèle, je suivais des cours avec Anissa au PAT Studio, donc on se connaissait déjà. Je n’étais absolument pas prévu dans "Le Bourgeois gentilhomme" au départ. Et puis, deux semaines avant le spectacle, Francis et Anissa m’ont appelé pour me proposer de jouer un laquais, une phrase, le reste c’est que de la présence corporelle. Avec les comédiens de la troupe c’était naturel et fluide parce qu’on se connaît avant tout ça, on est une famille. Les retours ont été très positifs, et le rôle a rapidement évolué. On m’a d’abord confié un deuxième
personnage, puis un troisième. C’était un vrai bonheur de voir la pièce s’ouvrir comme ça pour moi. Avec le recul, je pense que Le Bourgeois gentilhomme a été un véritable point de bascule : au moment où j’ai intégré la pièce, je devais choisir entre m’engager pleinement dans la comédie ou choisir une certaine stabilité qui m’aurait laissé beaucoup moins de place pour mon développement en tant que comédien.

En parlant de castings, aurais-tu une anecdote marquante à nous raconter ? Un moment drôle, surprenant ou formateur.

B : Un jour, j’avais un casting et, d’après le scénario, le personnage semblait très manuel. J’ai voulu pousser l’idée un peu plus loin, j’ai essayé de m’imaginer sa vie, son train de travail. Pendant trois jours je me suis lancé dans de gros travaux chez moi et même chez mon frère de l’autre côté de l’île-de-France. J’ai reproduit mes trajets à heures précises, avec tous mes outils (peinture, enduit, carrelage, absolument TOUT) et mes vêtements de travail. Le jour du casting, ils n'ont pas directement réalisé que j’étais le comédien, ils pensaient que j’était réellement quelqu’un qui travaillait dans le bâtiment. Je n’ai pas eu le rôle mais j’ai adoré cette immersion totale dans le personnage. Et en bonus j’ai refait la déco chez moi... pour chez mon frère c’est une autre histoire.

Aujourd’hui, comment abordes-tu un rôle ou une audition ? As-tu une méthode, une routine, ou une façon particulière de te connecter au personnage ?

B : Pour moi, un rôle commence bien avant la scène. Je commence toujours par chercher ce que le personnage porte en lui. Une tension, une faille, parfois un détail presque invisible va guider tout le reste. Je travaille son parcours et son vécu avant même de penser aux gestes ou à la voix. Quand j’entre en scène, j’ai déjà un état d’esprit, un passé immédiat. Ça me permet d’être présent tout de suite, sans forcer. Je ne cherche pas à jouer un personnage à un instant précis, mais à comprendre sa trajectoire, son vécu, ce qui l’a construit. Les gestes et les attitudes viennent naturellement après.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui débute et souhaite se lancer dans le milieu artistique

B : Quel que soit le domaine, forme-toi sérieusement, pas forcément en école mais vois ton quotidien comme ton terrain de jeu. Observe tout, mais n’imite personne trop longtemps. Produit tôt, même mal, même petit. Termine ce que tu commences. Et accepte une réalité simple, le talent sans endurance ne mène nulle part. Et surtout protège ton énergie. Le doute, les refus et les périodes creuses font partie du processus si tu les prends comme des signaux d’arrêt, tu n’iras pas loin. Si tu les prends comme données de travail, tu construiras quelque chose de solide. Personnellement je garde ce mindset comme boussole.

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