Comment postuler pour un clip et faire la différence ? Les conseils d’Olivia Delphine, directrice de casting (Gims, Dadju, Ninho, Kaaris…)
Comment postuler pour un clip et faire la différence ? Les conseils d’Olivia Delphine, directrice de casting (Gims, Dadju, Ninho, Kaaris…)
Dans l’univers du casting, et plus particulièrement celui du clip de rap, la directrice de casting Olivia Delphine s’est imposée comme une figure incontournable. De Gazo à Gims, en passant par Ninho, Dadju ou Kaaris, elle collabore sur de nombreux projets et recherche régulièrement des profils sur Casting.fr pour les clips d’artistes.
Comment postuler efficacement et capter son attention ? Quelles sont les clés pour maximiser ses chances d’être sélectionné ? Elle vous répond et partage ses conseils pour réussir vos prochains castings.
Parlez-nous de votre parcours. Comment êtes-vous devenue directrice de casting ?
O.D : Je m’appelle Olivia Delphine. Cela fait maintenant neuf ans que j’évolue dans le secteur. J’ai commencé en tant que modèle clip pendant une année, une expérience qui m’a permis de découvrir cet univers de l’intérieur. Durant cette période, j’ai également évolué aux côtés de mon booker, qui m’a formée et transmis les bases du métier. Un an plus tard, forte de cette expérience, j’ai décidé de créer ma propre société, mon agence de modèles et acteurs pour tournage TV, que je développe depuis huit ans.
Vous avez travaillé sur des projets variés comme la série TF1 “I3P” avec Marc Lavoine, mais aussi sur de nombreux clips pour des artistes (Gazo, Gims, Ninho, Dadju, Kaaris…). Quelles sont les principales différences entre un casting pour une fiction (série/film) et un casting pour un clip ?
O.D : La principale différence, c’est avant tout l’objectif recherché. En fiction, on va davantage chercher un profil capable d’incarner un personnage, avec une vraie interprétation, de l’émotion et souvent une certaine expérience de jeu de rôle. Le processus est généralement plus long et plus exigeant.
Pour un clip, c’est souvent plus spontané et plus visuel : on recherche une présence, une énergie, un charisme, une attitude qui correspond à l’univers de l’artiste et au message du projet. Le physique peut avoir son importance, mais la personnalité et la capacité à s’adapter font souvent toute la différence.
Ce sont deux univers différents, mais qui demandent tous les deux du professionnalisme et une vraie compréhension des attentes des clients.
Vos références clips sont majoritairement dans l’univers rap. Pourquoi ?
O.D : C’est vrai que mes références sont majoritairement dans l’univers du rap, principalement parce que c’est un milieu très actif avec une forte demande en termes de production de clips. Mais je ne me limite pas à ça. J’ai aussi travaillé sur d’autres projets, notamment avec Christophe (Les mots bleus) feat Nusky et Vaati sur le titre “Succès Fou”, Vitaa, Leslie, ainsi que sur plusieurs productions en dehors du rap.
Simplement, aujourd’hui, le rap est un secteur qui prend naturellement beaucoup de place, car c’est là où il y a le plus de volume et de régularité dans les tournages.
Quelles sont les qualités essentielles pour être sélectionné dans un clip ? Est-ce que le physique prime, ou la personnalité peut faire la différence ?
O.D : Pour moi, le physique peut attirer l’attention au premier regard, surtout dans l’univers du clip où l’image a une place importante. Mais ce n’est pas ce qui fait tout. La personnalité, l’énergie, le charisme et la capacité à comprendre rapidement l’univers du projet font souvent la vraie différence. Quelqu’un qui dégage quelque chose de naturel, qui sait s’adapter et qui est professionnel aura toujours plus de valeur sur un tournage. Le physique ouvre parfois une porte, mais c’est l’attitude et le professionnalisme qui la garde ouverte.
Faut-il savoir jouer la comédie pour participer à un clip ?
O.D : Pas forcément, mais ça peut être un vrai plus. Dans un clip, on ne demande pas toujours de jouer un rôle de manière très poussée comme en fiction, mais il faut quand même savoir être à l’aise face caméra et pouvoir transmettre une émotion ou une attitude crédible. Certains clips demandent de la mise en situation, donc une petite capacité d’interprétation peut aider. Mais au final, ce qui compte le plus, c’est la spontanéité, la présence et le naturel.
Que faut-il absolument vous envoyer pour postuler (photos, book, vidéo, réseaux sociaux…) ?
O.D : Pour les clips, il faut envoyer 3 photos en pied, 3 photos portrait, le tout sans filtre, ainsi que la taille, le poids et l’âge, et une vidéo du visage sans filtre.
En revanche, pour les projets de type film, publicité ou court-métrage, il faut également 3 photos en pied, 3 photos portrait, toujours sans filtre, avec la taille, le poids et l’âge, ainsi qu’un book si vous en avez un. Celui-ci reste optionnel, mais il est apprécié si vous avez déjà de l’expérience dans le secteur.
Il est aussi demandé une vidéo de présentation (bande démo), afin d’évaluer l’élocution, l’aisance et la personnalité.
Concernant les réseaux sociaux, ils ne sont généralement pas indispensables, et ne sont pas un critère principal de sélection.
À l’inverse, quelle est l’erreur à ne surtout pas commettre ?
O.D : Envoyer des photos filtrées, retouchées ou trop anciennes, ce qui fausse complètement le rendu réel Négliger la présentation (photos floues, sombres ou mal cadrées ). Les photos nu pour se mettre en avant, car je propose aucun projet de cette sorte Oublier des informations essentielles comme taille, poids ou âge Faire une vidéo de présentation mal préparée, peu claire ou surjouée Et surtout, essayer de se “créer un personnage” qui ne correspond pas à la réalité.
Les réseaux sociaux sont-ils devenus indispensables pour être casté(e) ?
O.D : Ça dépend du projet. Si je recherche des profils d’influenceurs, de TikTokers ou des personnes pour des campagnes publicitaires, oui, les réseaux sociaux peuvent être un critère important, notamment pour évaluer la communauté et la visibilité. En revanche, pour des projets comme des clips, des courts-métrages ou des films, les réseaux sociaux ne sont pas déterminants.
Est-il possible de vivre pour un artiste, de vivre des tournages de clips ou est-ce surtout un tremplin ?
O.D : Oui, certains modèles arrivent à vivre depuis plusieurs années uniquement de tournages et de clips.
Est-ce que c’est un tremplin ? Oui, clairement, car beaucoup évoluent ensuite vers l’influence, la télé ou d’autres projets. Je continue même à travailler actuellement avec certains de ces profils, et plusieurs d’entre eux sont toujours à mes côtés aujourd’hui sur différents projets.
Vous êtes également à la tête de votre propre agence. Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer votre structure ?
O.D : J’étais moi-même modèle de clip, spécialisée en contorsion, après avoir été formée en école de cirque de 6 à 16 ans. Avec le temps, je ne me sentais plus vraiment à ma place devant la caméra, et comme j’étais arrivée assez tard dans le milieu, j’ai finalement décidé de créer ma propre agence.
Quels types de profils recherchez-vous aujourd’hui au sein de votre agence ?
O.D : Je recherche surtout des profils atypiques, avec de la personnalité et de la prestance. Des visages qui ont une vraie présence à l’image, que ce soit pour l’acting ou les clips, et qui se démarquent naturellement (vitiligo, profil de petite taille, profil albinos, personne avec des taches de rousseur…). J'aime beaucoup ces profils-là. Et en recherche souvent.
Avez-vous une anecdote marquante sur un casting de clip à nous raconter ?
O.D : Oui, j’ai un projet que j’ai beaucoup aimé, où j’ai rencontré l’artiste Da Uzi. On a passé un super moment, très naturel. Le tournage était prévu pour 4 heures, mais il a duré plus de 8 heures, et on est rentrés le lendemain. C’est un très bon souvenir que je n’oublierai pas. Mes modèles ont d’ailleurs le même ressenti que moi concernant ce projet, ils en gardent également un très bon souvenir.
Quel conseil donneriez-vous aux membres de Casting.fr qui souhaitent se lancer dans les tournages (clips, pubs, courts-métrages, films) ?
O.D : Le premier conseil que je donnerais, c’est de rester naturel et authentique. Dans ce milieu, on ne cherche pas des personnes qui jouent un rôle dès le départ, mais des profils vrais, avec une identité et une présence à l’image.
Ensuite, il faut soigner sa présentation : des photos simples, sans filtre, une vidéo de présentation claire et spontanée, et des informations cohérentes. La régularité et le sérieux dans les candidatures font vraiment la différence.
Enfin, il faut être patient et persévérant. Les opportunités ne viennent pas toujours immédiatement, mais chaque projet est une expérience qui peut ouvrir des portes. Et surtout, rester ouvert et professionnel sur tous les types de projets.