Edaya : « Il faut apprendre à se connaître avant de vouloir plaire aux autres »

Edaya : « Il faut apprendre à se connaître avant de vouloir plaire aux autres »

Edaya : « Il faut apprendre à se connaître avant de vouloir plaire aux autres »

À seulement 21 ans, Edaya fait partie de ces artistes qui avancent avec une rare lucidité. Révélée par son univers néo-soul sensible et introspectif, la jeune chanteuse belge d’origine angolaise construit pas à pas une identité où la douceur n’exclut jamais la détermination.

Après l’EP Crayon, qui a posé les fondations de son univers, et la sortie récente de Starbaby, elle poursuit son évolution entre travail vocal, affirmation visuelle et exploration personnelle. Pour Casting.fr, elle revient sur les étapes qui l’ont construite, son rapport aux émotions et les défis d’une jeune artiste en pleine ascension.

Si tu devais résumer ton identité artistique aujourd'hui, sans parler de ton parcours, tu dirais quoi ?

Edaya : Je dirais que mon identité artistique est féminine, profonde et nostalgique.

À quel moment as-tu compris que la musique devenait plus qu'un rêve, mais une vraie direction de vie ?

Edaya : Je pense que c'est après ma première session en studio. Quand je suis ressortie de là, ma maman m'attendait en bas pour venir me chercher. Dès que je suis rentrée dans la voiture, je lui ai dit que je voulais tout le temps y aller. C'est là que j'ai su. C'était en 2022.

Est-ce que cette carrière t'a obligée à apprendre sur toi-même ?

Edaya : Oui, sur certains points, c'est sûr. Il faut faire attention à la manière dont on s'exprime, mais il faut aussi pousser ses limites. Cela force à sortir de sa zone de confort, à aller vers l'inconnu et vers les autres. À un moment donné, j'étais assez réservée et timide socialement, et cela m'a poussée à briser cette barrière. Justement, dans ton univers, on sent que beaucoup d'émotions sont présentes. 

Est-ce que tu arrives à t'ouvrir facilement ou est-ce que c'est quelque chose que tu contrôles ?

Edaya : Ça dépend. Il y a des chansons où c'est venu tout seul parce que j'avais une émotion et que j'avais besoin d'écrire. En revanche, pour d'autres chansons, j'ai vraiment dû me poser pour réfléchir à ce que je ressentais et à la manière de le formuler. Cela dépend vraiment de comment je me sens, car je prends souvent du temps à processer mes émotions. Parfois, quand je ressens quelque chose, je ne comprends ce que j'ai ressenti que deux jours après. Ça prend donc toujours un certain temps.

Qu'est-ce qui a été le plus exigeant à construire dans ton parcours d'artiste jusqu'à présent ?

Edaya : C'est un tout, mais je dirais qu'il y a deux choses principales. D'abord, l'hygiène de vie, dans le sens où il faut faire attention à sa voix, s'entraîner et prendre soin de notre instrument qui est notre corps et notre voix. Au-delà de ça, il y a aussi le côté discipline sur les réseaux, le fait d'apparaître, d'accepter son image et d'être présente.

Tu fais partie d'une nouvelle génération d'artistes très connectés. Comment vis-tu cette exposition aujourd'hui sur les réseaux sociaux ?

Edaya : Je le vis assez bien parce que j'aime beaucoup me montrer, faire des photos, ou regarder comment je me suis exprimée quand de nouvelles interviews sortent. C'est quelque chose que j'apprécie. Après, je suis aussi difficile avec moi-même, donc il m'arrive d'être un peu dans le jugement. J'essaye d'ailleurs de prendre un peu plus de recul par rapport à mon image et à la manière dont je me vois. 

Beaucoup t'ont connue avec "Crayon", qui a posé les bases de ton univers. Quel regard portes-tu sur ce projet maintenant que "Starbaby" est sorti ?

Edaya : Aujourd'hui, je vois beaucoup ce projet comme celui d'un bébé Edaya. Dedans, il y a des chansons que j'avais écrites il y a un bon bout de temps, et même des bouts de morceaux composés bien avant de rencontrer mon équipe actuelle ou d'aller en studio. Je pense par exemple à un petit bout de "Calme", que j'avais inclus dans la toute première chanson que j'ai écrite. Cela me rend nostalgique.

Tu voudrais remettre un peu de ce "bébé Edaya" dans ta nouvelle ère ?

Edaya : En fait, il y a toujours une part de moi, c'est juste que j'évolue assez rapidement. À tel point que lorsque je termine quelque chose, je ne me vois déjà plus de la même manière un mois plus tard. Il faut donc s'adapter à chaque fois et accepter ce qu'on a fait avant. Entre le moment où on prépare un projet et celui où il sort, il se passe parfois des semaines ou des mois. Il faut accepter que ce ne soit plus tout à fait la même "nous", même si c'est encore nous dans le fond. Il y aura dans tous les cas, toujours une part de moi dans ce que je fais.

Tu es dans une phase très active avec les lives. Qu'est-ce que cette période est en train de changer pour toi en tant qu'artiste ?

Edaya : Disons que ça me donne envie d'évoluer vocalement. C'est un désir que j'ai depuis longtemps, mais ce n'est pas facile pour moi car c'est un aspect où je dois énormément puiser dans ma confiance en moi pour être à l'aise. Ce n'est pas quelque chose d'instinctif comme on pourrait le croire, cela me demande du travail. Je sens qu'il va se passer beaucoup de choses et que je vais devoir être hyper à l'aise avec ma voix et mon corps dans l'espace, sur scène. C'est vraiment le point sur lequel il va y avoir de l'évolution.

Sur cette partie, tu es accompagnée ou tu apprends par toi-même ?

Edaya : Un peu des deux. Je prends volontiers de l'aide extérieure, que ce soit de mon équipe ou de professionnels. Cependant, beaucoup de choses doivent venir de moi car c'est très psychologique. Il y a des déclics qui se font petit à petit pour que j'arrive à me libérer.

Sur quoi as-tu envie de te concentrer le plus en ce moment dans ton évolution artistique ?

Edaya : J'aimerais bien être encore plus précise dans mon ADN visuel. Du côté musical, c'est vrai que je me trouve de plus en plus. J'aime tellement de choses que de toute façon, il ne sera pas possible de me cantonner à un seul style. En revanche, au niveau visuel, que ce soit pour les vêtements, les réseaux sociaux ou l'image, j'essaie vraiment de préciser les choses constamment. 

Pour finir, quel conseil donnerais-tu à un ou une jeune artiste qui essaie de trouver sa place et de se lancer ?

Edaya :  Je pense qu'il faut apprendre à se connaître. Si on ne se connaît pas bien, on va essayer de forcer une certaine image auprès des autres, souvent celle dans laquelle on nous attend. Comme on n'a pas pris le temps de se connaître soi-même, on ne se rend pas compte que cela ne nous correspond pas. Ensuite, il est beaucoup plus difficile de s'en détacher et de réfléchir à ce qu'on veut vraiment, surtout quand on est en plein dans le rush. Il faut donc prendre le temps d'apprendre à se connaître, savoir ce qu'on aime, puis se lancer sans avoir peur de ce qui peut arriver, en saisissant les opportunités.

À travers ses réponses, Edaya révèle une artiste en mouvement, consciente que chaque projet n’est qu’une photographie d’un instant de sa vie. Entre exigence, introspection et envie constante d’évoluer, elle refuse de se figer dans une image ou un style unique. Une vision sincère qui explique sans doute pourquoi son public grandit au fil des sorties. Une chose est certaine : si Crayon racontait les premiers chapitres de son histoire, Edaya semble aujourd’hui prête à en écrire de nouveaux, avec toujours plus de confiance, d’ambition et d’authenticité.

 

Retrouvez tous nos castings ici