“Génération Barber” : l’harmonie du collectif et le défi du renouveau au Théâtre Essaïon
“Génération Barber” : l’harmonie du collectif et le défi du renouveau au Théâtre Essaïon
Marie-Cécile est une chanteuse et artiste lyrique passionnée, membre fondatrice de la Compagnie BarberShop Quartet. Depuis la création du groupe en 1996 et la naissance officielle de la compagnie en 2008, elle a contribué à façonner l’univers unique du quartet, alliant humour, virtuosité vocale et mise en scène soignée. Formée au chant lyrique, elle assure la direction vocale des spectacles et participe activement à l’écriture et à la création collective des chansons. Son sens aigu de l’harmonie, sa rigueur et sa complicité avec ses collègues font d’elle une figure centrale de “Génération Barber”, où elle conjugue exigence artistique et plaisir du jeu sur scène.
Vos chansons sont à la fois drôles et pleines de rythme. Pouvez-vous nous parler du processus d’écriture et de création des chorégraphies pour “Génération Barber” ?
MC= Le processus d’écriture est différent suivant les chansons. Il arrive que l’un des artistes propose une chanson, elle est validée et retravaillée en collectif ou bien une idée émerge et nous n’arrivons pas à la concrétiser, alors nous faisons appel à un auteur dont la plume correspond exactement à l’esprit et l’humour du groupe (Raphaêl Callandreau et Sophie Forte).
Pour les chorégraphies elles sont plutôt créées lors de nos résidences de mise en scène sous le regard aiguisée de notre metteuse en scène : Sophie Forte.
Qu’est-ce que la “Génération Barber” représente pour vous ?
MC= C’est un challenge que je pense avoir relevé.
A la fin de l’exploitation du spectacle précédent une partie de l’équipe a choisi de ne pas continuer l’aventure, heureusement Xavier Vilsek m’a suivi sans hésiter pour relever le défi d’une nouvelle création.
Le plus difficile a été de rester dans une continuité tout en amenant du changement.
Sacré défi que je pense avoir relevé avec mes collègues.
Quelle est la particularité de ce spectacle par rapport aux précédentes créations de la Compagnie BarberShop Quartet ?
MC= Les chansons du spectacle précédent ont été écrites par un seul des artistes de la compagnie, il n’y avait pas vraiment d’histoire et de fil conducteur et la mise en scène était collective.
Sur ce nouveau spectacle l’écriture et la conception se sont faites de façon collective et nous nous sommes adjoint les services d’une metteuse en scène en la personne de la pétillante Sophie Forte, qui a écrit une histoire se basant sur les personnages existants (caractères et différence d’âge), sur l’histoire du groupe et sur le « style » Barber Shop Music.
Pouvez-vous nous parler de la Compagnie BarberShop Quartet et de son parcours depuis sa création ?
MC= La compagnie Barber Shop Quartet a vu le jour en 2008, pour sa première participation au festival d’Avignon, mais le groupe existe depuis 1996.
Avec le succès grandissant il m’est apparu indispensable que l’on ait notre propre structure pour continuer de développer et diffuser nos spectacles.
Depuis la compagnie accompagne d’autres artistes pour la diffusion de leurs spectacles et a produit tous les 4 spectacles du Barber Shop Quartet.
Pouvez-vous nous parler de votre rôle dans le choix des artistes pour “Génération Barber” ? Quels critères sont essentiels pour vous ?
MC= Il est très difficile de choisir les artistes avec lesquels on a envie de travailler.
Xavier et moi-même (les 2 anciens) sommes depuis longtemps dans le milieu du spectacle vivant et avons forcément créé du réseau. Nous avions plusieurs candidats et avons organisé des auditions.
Beaucoup de paramètres rentrent en compte pour sélectionner un artiste qui va intégrer notre quatuor vocal.
Bien entendu, la qualité vocale, mais surtout la capacité à moduler sa couleur vocale, de fondre sa voix dans celle du groupe afin d’obtenir une polyphonie parfaite.
Le critère humain est aussi un critère essentiel, il faut éviter les egos sur dimensionnés, et se retrouver sur « l’humour » !
Nous avons trouvé tous ces critères chez nos nouvelles recrues en les personnes de Clémence Paquier et Guillaume Nocture.
Comment avez-vous rencontré et intégré les autres membres du quartet ? Pouvez-vous nous présenter vos collègues et décrire la dynamique entre vous sur scène ?
MC= J’ai connu Clémence Paquier sur un autre projet dans lequel nous avions été recrutées toutes les deux et cela a « matché » tout de suite tant humainement que vocalement.
C’est par Xavier Vilsek que j’ai rencontré Guillaume Nocture, je l’ai vu sur plusieurs de ces spectacles et ai été conquise par son énergie et sa qualité vocale. Nous avons tout de même organisé des auditions et notre choix s’est porté sur eux à l’unanimité.
Nous avions aussi auditionné Damien Dufour que nous avons recruté comme alternant à Guillaume.
Sur scène, il y a une vraie connivence entre nous, le jeu est fluide et il arrive que l’on se réserve quelques petites surprises, improvisations durant le spectacle et qui peuvent engendrer de vrais fous rires, ce qui est très dur pour moi car mon personnage est plutôt austère et ne rit jamais !!
Comment se déroule la préparation des personnages et la répétition des chansons ? Travaillez-vous en coaching individuel ou en groupe, et combien de temps y consacrez-vous ?
MC= Nous avons mis à peu près un an et demi à mettre en place ce spectacle.
Il y a eu tout d’abord le travail musical et vocal : chaque artiste recevait sa partition dont les arrangements étaient déjà faits par plusieurs arrangeurs avec lesquels nous avons l’habitude de travailler puis nous nous retrouvions sous forme de résidence pour la mise place de chaque chanson.
Le travail sur la couleur et la technique vocale s’est faite en groupe sous ma direction.
Quels exercices ou méthodes utilisez-vous pour que la technique vocale, l’interprétation et la chorégraphie s’harmonisent parfaitement ?
MC= Par ma formation lyrique j’essaie toujours de trouver la solution technique à des difficultés que chaque chanteur peut rencontrer sur le placement de la voix.
Il y a aussi un gros travail d’écoute de chacun car il faut que chaque voix se fonde dans l’harmonie, pouvoir se mettre en avant lorsque l’on est en « lead », s’effacer lorsque l’on est en accompagnement, imiter des instruments lorsque la voix joue le rôle de l’orchestre (percussions, orgue de barbarie, guitare électrique…).
Pour les chorégraphies, nous ne sommes clairement pas des danseurs ! donc elles sont simples mais très calées sous l’œil intransigeant de Sophie Forte.
Comment se passe la dynamique entre artistes lors des répétitions, surtout avec la différence de générations ?
MC= La différence de génération est sur la scène, en répétition elle disparait.
Si je devais résumer nos séances de travail je dirais que l’on a beaucoup ri et on continue d’ailleurs, ce qui se ressent forcément sur scène !
Quel conseil donneriez-vous aux aspirants chanteurs et acteurs qui veulent se préparer efficacement pour un casting ou un spectacle musical ?
MC= Tout d’abord, il faut bien identifier ce pour quoi on va auditionner.
On peut passer à côté de son audition car on n’a pas choisi le bon répertoire ou le bon texte.
Ensuite, il faut être prêt vocalement et ne pas hésiter à prendre conseil auprès de professionnels.
Merci beaucoup, Marie-Cécile, pour votre temps et vos réponses.
